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Lord Charles Beauclerk, Un passage fortifié. Le colonel Wetherall avançant vers la prise de Saint-Charles, 26 novembre 1837, 1840. 1970.1944 © Musée Stewart

Jeu-questionnaire sur les patriotes

Le 18 mai marque la Journée nationale des patriotes qui commémore l’importance des luttes menées par les patriotes en 1837-1838 pour un gouvernement plus démocratique et respectueux des droits des Canadiens français. Pour souligner cette journée, le Musée Stewart vous a concocté un jeu-questionnaire à partir d’objets de sa collection, afin de tester vos connaissances et vous rafraîchir la mémoire sur l’histoire des patriotes.

Pour participer, rien de plus simple! Munissez-vous d’une feuille de papier et d’un crayon, défilez la page et tentez de répondre aux questions. Les réponses seront accessibles une fois que vous aurez répondu aux 7 questions.

Question 1 – La pétition des habitants du Bas-Canada de 1828 leur a permis de faire quel gain?

  1. Le maintien du droit français
  2. Le maintien du système seigneurial français
  3. La réforme du conseil législatif
  4. Le renvoi du gouverneur Dalhousie
  • Pétition des habitants du Bas-Canada, Montréal, 1828. 1957.6 © Musée Stewart
  • Pétition des habitants du Bas-Canada (détail), Montréal, 1828. 1957.6 © Musée Stewart

Question 2 – Que tient dans sa main gauche Louis-Joseph Papineau, dans cette sculpture réalisée par Louis-Philippe Hébert?

  1. Une copie du journal La Minerve
  2. Les 92 résolutions
  3. Le Common Sense de l’auteur révolutionnaire britannique Thomas Paine
  4. Le discours qu’il a adressé à l’assemblée de Saint-Laurent le 15 mai 1837
Louis-Philippe Hébert, Louis-Joseph Papineau, 1877. 1970.18 © Musée Stewart

 

Question 3 – Parmi ces trois batailles, laquelle fut une victoire pour les patriotes?

  1. Saint-Denis-sur-Richelieu, 23 novembre 1837
  2. Saint-Charles-sur-Richelieu, 25 novembre 1837
  3. Saint-Eustache, 14 décembre 1837
  • Lord Charles Beauclerk, Le passage des britanniques sur la rivière Richelieu pendant la nuit, 22 novembre 1837, publié dans <i>Lithographic views of military operations under His Excellency Sir John Colborne</i>, 1840. 1970.1060 © Musée Stewart
  • Lord Charles Beauclerk, Scène de bataille à Saint-Charles, 25 novembre 1837, publié dans <i>Lithographic views of military operations under His Excellency Sir John Colborne</i>, 1840. 1970.1944 © Musée Stewart
  • Lord Charles Beauclerk, Vue de l’église de Saint-Eustache, 14 décembre 1837, publié dans <i>Lithographic views of military operations under His Excellency Sir John Colborne</i>, 1840. 1970.2088 © Musée Stewart

Question 4 – Quel rôle le fort de l’île Sainte-Hélène, bâtiment qui abrite aujourd’hui le Musée Stewart, a-t-il joué dans la rébellion des patriotes?

  1. Il a servi de prison pour les patriotes
  2. Il a été un lieu d’affrontement entre les loyalistes et les patriotes
  3. Il a abrité des régiments de soldats britanniques impliqués dans les affrontements avec les patriotes
  4. Toutes ces réponses
Le Musée Stewart © Claude Roy Photographie

 

Question 5 – Vrai ou faux, tous ces patriotes exilés aux Bermudes étaient des Canadiens français.

  1. Vrai
  2. Faux
A.H. Wallace, Les exilés canadiens, 1838. 1978.1837 © Musée Stewart

 

Question 6 – De Lorimier a écrit cette lettre à Adèle Berthelot, Madame Lafontaine. Quel rôle a joué Adèle Berthelot dans l’histoire des rébellions?

  1. Elle a marché des dizaines de kilomètres pour informer les patriotes d’une attaque imminente des Britanniques
  2. Elle a aidé des patriotes à se réfugier aux États-Unis
  3. Elle visitait les patriotes en prison
Lettre de Chevalier de Lorimier à Madame La Fontaine, 15 février 1837, Montréal. 1970.1946.5 © Musée Stewart

 

Question 7 – Ce vitrail provient de la chapelle du lieu où furent emprisonnés et exécutés de nombreux patriotes. Quel est ce lieu?

  1. La chapelle Notre Dame-de-Bon-Secours
  2. La prison du Pied-du-Courant
  3. La prison de Bordeaux
  4. La prison de la place Vauquelin
Fenêtre de la chapelle de la prison du Pied-du-Courant, Montréal, vers 1835. W.1999.411 © Musée Stewart

 

Réponses au jeu-questionnaire

Question 1 – La pétition des habitants du Bas-Canada de 1828 leur a permis de faire quel gain?

1. Le renvoi du gouverneur Dalhousie

Pétition des habitants du Bas-Canada de 1828

Depuis le début de 1827, l’administration du gouverneur Dalhousie favorise la bourgeoisie marchande anglophone. Les Canadiens français, en guise de protestation, font circuler des pétitions au Bas-Canada en 1828. Le document conservé au Musée Stewart regroupe l’ensemble de ces pétitions, signées par plus de 87 000 personnes sur une population de 470 000 habitants.

En considérant que les femmes et les enfants étaient exclus de la sphère politique, cela représente 60 % de la population.

Différentes personnes étaient mandatées pour aller recueillir les signatures en région. C’est ainsi qu’il est fréquent d’y voir plusieurs noms avec la même calligraphie. Le responsable envoyé inscrivait le nom des citoyens qui ne savaient pas écrire et ceux-ci n’avaient qu’à apposer un X  en guise d’approbation.

Finalement, aucune des revendications ne sera acceptée, mis à part le rappel en Angleterre du gouverneur Dalhousie.

Question 2 – Que tient dans sa main gauche Louis-Joseph Papineau, dans cette sculpture réalisée par Louis-Philippe Hébert?

2. Les 92 résolutions

Louis-Joseph Papineau

Sur le socle de la sculpture, on peut lire : « Il fut toute une époque, et longtemps notre race. N’eut que sa voix pour glaive et son corps pour cuirasse. » du poète Louis-Honoré Fréchette (1839-1908). Cette statuette est un moulage en plâtre de l’originale, réalisée par le sculpteur Louis-Philippe Hébert en 1887.

Louis-Joseph Papineau (1786-1871) est l’un des hommes politiques du Bas-Canada les plus influents de son époque. Au moment de ses études en droit, à la fin du XVIIIe siècle, l’embourgeoisement des valeurs sociales véhiculées par les Britanniques, principaux détenteurs des richesses, au détriment des Canadiens français, amène Papineau à militer pour défendre le patrimoine national de ces derniers. C’est ainsi qu’il est nommé président de l’Assemblée législative en 1815 et chef du Parti canadien, qui devient le Parti patriote en 1826.

Au début de sa carrière politique, il favorise les recours démocratiques pour faire pression sur le gouvernement britannique. La pétition de 1828 était l’un de ces moyens, mais devant son échec, Papineau et les membres du Parti patriote font une ultime tentative en rédigeant les 92 résolutions. Déposées à Londres en 1834, celles-ci réclament, entre autres, des changements à la constitution de 1791, dont un gouvernement responsable, un conseil législatif élu, une représentation proportionnelle des Canadiens français dans la fonction publique et le plein contrôle du budget par la chambre d’Assemblée.

En 1837, le gouvernement britannique y répond avec les Résolutions de Russell, qui rejettent en bloc les 92 résolutions en plus de supprimer le vote des subsides à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada, enlevant ce qu’il restait de pouvoir politique à la province. Cette réponse met le feu aux poudres et les patriotes protestent en organisant des rassemblements populaires qui dégénéreront et se feront de plus en plus violents, à l’automne 1837, forçant l’armée à intervenir.

Question 3 – Parmi ces trois batailles, laquelle fut une victoire pour les patriotes?

1. Saint-Denis-sur-Richelieu, 23 novembre 1837

Les batailles de 1837

Les moyens de pression démocratiques, tels que la pétition de 1828 et les 92 résolutions, n’ayant rien changé, les patriotes se radicalisent. Des mandats d’arrêt sont lancés contre 26 de leurs chefs, dont Papineau, ce qui donnera lieu aux insurrections de 1837-1838 et aux trois affrontements illustrés.

Hormis leur victoire à Saint-Denis-sur-Richelieu et malgré leur supériorité numérique, les patriotes sont vaincus par les soldats britanniques qui sont mieux armés et mieux entraînés. De plus, leur approche reste défensive, alors que les Britanniques avaient commencé à planifier leur offensive plus tôt, dès 1836, notamment avec la création du Doric Club, un groupe paramilitaire.

À la suite de ces défaites, des centaines de patriotes sont arrêtés et emprisonnés. D’autres se réfugient aux États-Unis.

Question 4 – Quel rôle le fort de l’île Sainte-Hélène, bâtiment qui abrite aujourd’hui le Musée Stewart, a-t-il joué dans la rébellion des patriotes?

3. Il a abrité des régiments de soldats britanniques impliqués dans les affrontements avec les patriotes

Le fort de l’île Sainte-Hélène

De 1837 à 1840, le fort de l’île Sainte-Hélène héberge plus de 600 soldats issus de la Royal Artillery des 15e et 83e régiments d’infanterie qui participeront aux batailles de Saint-Denis, Saint-Charles et Saint-Eustache. Même si les patriotes avaient une approche essentiellement défensive, des précautions sont prises afin de sécuriser le fort en cas d’attaque. Ainsi, on retire les réserves de munition des bâtiments provisoires et on protège de grillages plusieurs édifices, pour empêcher que les rebelles ne lancent des matières combustibles et ne fassent exploser la poudrière temporaire.

Question 5 – Vrai ou faux, tous ces patriotes exilés aux Bermudes étaient des Canadiens français.

2. Faux

Les exilés canadiens

Les patriotes comptaient dans leurs rangs un certain nombre de réformistes anglophones qui, même s’ils étaient loyaux à la couronne britannique, souhaitaient le bien commun et protester contre la corruption du gouvernement. Des Anglo-américains vont également joindre leurs voix à celles des patriotes, afin de pousser plus loin leurs revendications auprès de la Couronne britannique.

Robert Nelson, un réformiste anglophone, est une figure majeure des patriotes. C’est d’ailleurs lui qui fonde, en 1838, l’Association des frères-chasseurs, un groupe paramilitaire secret, afin d’organiser les forces rebelles pour envahir le Bas-Canada, alors que plusieurs patriotes sont réfugiés aux États-Unis.

L’affiche des exilés canadiens, exposée au Musée Stewart, représente Wolfred Nelson (frère de Robert Nelson), Robert-Shore-Milnes Bouchette, Luc-Hyacinthe Masson, Bonaventure Viger, Siméon Marchessault, Rodolphe Des Rivières, Toussaint-Hubert Goddu et Henri-Alphonse Gauvin. En janvier 1838, Lord Durham, nouvellement gouverneur général du Bas-Canada, tente de calmer les tensions. Celui-ci convainc ces huit chefs patriotes de signer un aveu de culpabilité et de responsabilité pour les insurrections et les déporte aux Bermudes. En échange, il promet de gracier tous les autres prisonniers à l’exception des fugitifs Ludger Duvernay, George-Étienne Cartier, Robert Nelson et Louis-Joseph Papineau.

Question 6 – De Lorimier a écrit cette lettre à Adèle Berthelot, Madame Lafontaine. Quel rôle a joué Adèle Berthelot dans l’histoire des rébellions?

3. Elle visitait les patriotes en prison

Lettre de Chevalier de Lorimier

Adèle Berthelot, épouse de Louis-Hippolyte La Fontaine (1807-1864), rendait visite aux patriotes emprisonnés. Elle a recueilli des témoignages, dont cette lettre de Chevalier de Lorimier.

François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier est l’un des patriotes les plus connus à avoir été exécuté, notamment pour sa participation à différents affrontements, dont la bataille de Saint-Eustache en 1837.

Voici ce que dit la lettre

Prison de Montréal
de mon cachot, 15 février 1839,
5 heures du matin.

Vous me demandez un mot, Madame, pour votre album ; que puis-je y mettre ? Irais-je vous faire du pathétique dans des mots ronflants, du touchant à vous faire fondre en larmes sur mon sort, tandis que ma situation, dans les écrits et les paroles, vous montre le comble du malheur dans ma personne infortunée. Vous assurer de mon respect  lorsque toute ma conduite passée a été pour vous le témoigner dans chaque circonstance ? Malgré tout, en définitive, je croirais manquer à mes devoirs envers vous, Madame, si je ne me soumettais et ne souscrivais à votre désir. Permettez-moi donc de vous prier de penser à moi, vous me survivrez, je vais périr sur le gibet politique dans quatre heures, mais faites que je vive dans votre estime et celle de votre époux, M. Lafontaine. Cette idée me supportera dans mes derniers instants, jointe à celle de la cause sacrée pour laquelle je vais bientôt expirer. Adieu Madame. Soyez heureuse ainsi que M. votre époux, vous le méritez. C’est le vœu d’un homme qui va dans un instant monter sur l’échafaud pour son pays et sa liberté. Adieu.

Chère dame
Adieu
Chevalier de Lorimier

Question 7 – Ce vitrail provient de la chapelle du lieu où furent emprisonnés et exécutés de nombreux patriotes. Quel est ce lieu?

2. La prison du Pied-du-Courant

La prison du Pied-du-Courant

Conçue pour accueillir 225 prisonniers, la prison du Pied-du-Courant en a reçu autour de 500 lors des rébellions patriotes en 1837. Il a donc fallu en loger jusque dans la chapelle. Sans surprise, les conditions des détenus étaient lamentables. Les cachots étaient sombres et leur plancher fait de terre. En guise de nourriture, les prisonniers recevaient un gallon d’eau et une livre et demie de pain par jour. Pour leur venir en aide, leur famille pouvait leur apporter des denrées. Des femmes charitables comme Adèle Berthelot épouse de Louis-Hyppolite Lafontaine et sœur Émilie Gamelin venaient leur servir la soupe populaire, les soigner et les réconforter.

Références

DAGENAIS, Maxime. « 92 résolutions », L’Encyclopédie canadienne, en ligne, https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/92-resolutions, 2017.
DAIGNEAULT, Sylvain et Paul-Yvon CHARLEBOIS. L’île Sainte-Hélène avant l’Expo 67, Les Éditions GID, 2015, 285 p.
MARCH, James H. « Louis-Joseph Papineau », L’Encyclopédie canadienne, en ligne, https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/louis-joseph-papineau, 2008, révisé en 2017.
MILOT, David et Alain FRÉCHETTE. L’insurrection de 1837-1838 au Musée Stewart, scénario d’animation, Action éducative, citoyenne et culturelle, Musée Stewart, mai 2016.
OUELLET, Fernand. « Papineau, Louis-Joseph », Dictionnaire biographique du Canada, en ligne, http://www.biographi.ca/fr/bio/papineau_louis_joseph_10E.html, Université Laval/University of Toronto, 1972, révisé en 2017.
« Rébellion des patriotes du Bas-Canada », Patrimoine culturel du Québec, en ligne, http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=7945&type=pge#.XrBviKhKjIU, gouvernement du Québec, 2013.
THÉRIAULT, Yvon. « Les patriotes aux Bermudes en 1838 : lettres d’exil », Revue d’histoire de l’Amérique française, vol, 16, no 1, p. 117–126.

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